Tout d'abord, je vais commencer par vous parler d'Amnesty International, dont je suis membre depuis 2006, association qui (vous le savez sans doute) lutte contre la torture et la peine de mort, et pour la défense des droits de l'homme à travers le monde entier (comme son nom l'indique d'ailleurs). En tant que membre, je reçois tous les mois la revue d'Amnesty, dans laquelle on trouve, notamment, trois cas de violation des droits humains, accompagnés d'une lettre-type que l'on peut recopier en la personnalisant, et que l'on envoie à l'adresse indiquée (le plus souvent le Président ou le roi du pays en question); la copie de chaque lettre doit également être envoyée à l'ambassade de ce pays, à Paris. Je vais donc de suite vous recopier les trois lettres figurant dans le numéro de ce mois-ci, que vous pourrez donc écrire puis envoyer (chaque lettre compte, même si elles sont toutes pareilles, c'est un moyen pour faire pression, et ça marche dans bien des cas!).
ENLEVEMENTS
Algérie Ici le cas de Salah Saker, enseignant et membre du Front islamique du salut (FIS), qui a été
arrêté sans mandat par les forces de sécurité algériennes le 29 mai 1994. Son épouse, Louisa, n'a aucune nouvelle de lui. Il s'agit donc d'un enlèvement à l'état pur, opéré, selon l'Observatoire national des droits de l'homme, par un groupe armé non identifié. On estime que
les autorités ont manqué à leur obligation de protéger les droits et la vie de Salah Saker. A l'heure actuelle, les pouvoirs publics algériens n'ont toujours pas enquêté sur cette disparition forcée.
Des milliers de personnes en Algérie ont été ainsi enlevées. Vous pouvez donc les aider en écrivant la lettre qui suit:
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Monsieur le Président de la République,
Des milliers de personnes ont été victimes de disparition forcée au cours du conflit qui a déchiré votre pays dans les années 90 et qui se poursuivent. Les lois d'amnistie adoptées en 2006 empêchent les tribunaux d'enquêter sur les plaintes déposées contre les forces de sécurité. C'est notamment le cas de Louisa Saker. Son mari Salah, enseignant et membre du Front islamique du salut (FIS), a été arrêté sans mandat par les forces de sécurité le 29 mai 1994 à son domicile à Constantine et a disparu depuis. En février 1997, les forces de sécurité locales ont envoyé un courrier dans lequel elles reconnaissaient l'avoir arrêté puis transféré dans un centre d'investigation militaire le 3 juillet 1994. En décembre 1998, l'Observatoire national des droits de l'homme a signalé à Louisa Saker que, d'après les forces de sécurité, son mari avait été enlevé par un groupe armé non identifié alors qu'il était détenu dans ce centre, ajoutant qu'il était recherché en raison de ses liens présumés avec un groupe terroriste et avait été condamné à mort par contumace le 29 juillet 1995. En octobre 2000, l'épouse de Salah Saker a porté plainte auprès du Comité des droits de l'homme des Nations unies après avoir en vain cherché à obtenir réparation auprès des juridictions nationales.
Je vous demande, en tant que sympathisant(e)/membre (c'est selon) d'Amnesty International, d'annuler les dispositions légales qui empêchent l'ouverture d'enquêtes sur les disparitions forcées, afin que Louisa Saker et les milliers d'autres personnes dans sa situation puissent connaître la vérité sur ce qu'il est advenu de leurs proches. En espérant que vous ferez droit à ma requête, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à ma haute considération.
Signature/Nom/Adresse
Adresses:
Monsieur Abdelaziz Bouteflika Ambassade d'Algérie
Président de la République 50, rue de Lisbonne
Présidence de la République 75008 Paris
El Mouradia
Alger
ALGERIE
Affranchissement: 0,85 €
Fédération de Russie Cette fois-ci, le cas de Boulat Tchilaïev, chauffeur pour l'ONG russe Assistance aux citoyens, dont on n'a aucune nouvelle depuis le 9 avril 2006. Ce jour-là, les forces de sécurité tchétchènes et russes se seraient mises à vérifier les papiers d'identité de tous ceux qui se trouvaient dans le village tchétchène de Sernovodsk. Ensuite, deux hommes, dont Boulat Tchilaïev, auraient pris la direction de Grozny (capitale tchétchène), et selon des témoins,
des individus masqués les auraient arrêtés puis emmenés. C'est à peine s'il y a eu une enquête!
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Monsieur le Procureur,
Boulat Tchilaïev, chauffeur de l'organisation non gouvernementale russe Assistance aux citoyens, n'a pas donné signe de vie depuis le 9 avril 2006. Tout porte à croire qu'il a été enlevé avec un ami à bord de son véhicule entre les villages de Sernovodsk et d'Assinovskaïa après une incursion des forces de sécurité tchétchènes et russes dans le village tchétchène de Sernovodsk, qui vérifiaient les papiers d'identité de tous ceux qui s'y trouvaient ce jour-là. Des témoins ont fourni les numéros d'immatriculation des deux voitures et remis la plaque d'identité, décourverte sur les lieux, d'un membre d'une unité militaire placée sous l'autorité du ministère russe de la Défense. Lorsqu'il a été interrogé, le propriétaire de la plaque a affirmé qu'il l'avait perdue. L'enquête n'est manifestement pas allée plus loin. En octobre 2006, Amnesty International a reçu des informations non officielles signalant que ce militaire avait été tué en service actif.
En tant que membre/sympathisant(e) d'Amnesty International, je vous demande de déterminer ce qui est arrivé à Boulat Tchilaïev et de traduire en justice les responsables présumés de son enlèvement.
En espérant que vous ferez droit à ma requête, je vous prie de croire, Monsieur le Procureur, à toute ma considération.
Signature/Nom/Adresse
Adresses:
Valerii Alekseevich Kuznetsov Ambassade de la Fédération de Russie
Prosecutor of the Chechen Republic 40-50, boulevard Lannes
Office of the Public Prosecutor of 75116 Paris
the Chechen Republic
Ul.Idrisova 42
g.Grozny
364000
Fédération de Russie
Affranchissement: 0.85 €
......Et encore un enlèvement !!......
République démocratique du Congo (RDC) Faustin Sosso, médecin et conseiller médical auprès de Jean-Pierre Bemba, principal adversaire du chef de l'Etat lors de l'élection présidentielle de 2006, a été enlevé le 20 août 2006 par des hommes armés soupçonnés de faire partie de la Garde républicaine du président Joseph Kabila. Amnesty International pense que cette disparition est liée à ses activités avec Jean-Pierre Bemba. D'après certains éléments, Faustin Sosso aurait été exécuté sans procès, ou serait mort sous la torture. Cependant ses proches continuent de croire qu'il est toujours en vie, suite à des appels téléphoniques exigeant de l'argent en échange de sa libération, et de témoignages de gens qui l'auraient aperçu. Beaucoup d'autres personnes hostiles au Président ont été victimes d'arrestations arbitraires et de tortures, certaines ont disparu, d'autres sont en attente d'un procès pour espionnage ou participation à un mouvement insurrectionnel, accusations non fondées et purement destinées à entraver la liberté d'expression. On estime que la plupart d'entre eux sont des prisonniers d'opinion.
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Monsieur le Président de la République,
Je vous demande, en tant que membre/sympathisant(e) d'Amnesty International, de mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie et indépendante sur la disparition forcée du docteur Faustin Sosso, d'en rendre les conclusions publiques et de traduire en justice les responsables présumés de son enlèvement et des violations des droits humains qu'il a subies par la suite. En effet, Faustin Sosso a été enlevé à Kinshasa, dans la soirée du 20 août 2006, par des hommes armés soupçonnés de faire partie de votre Garde républicaine. Ce médecin exerçait également les fonctions de conseiller médical auprès de Jean-Pierre Bemba, votre principal adversaire lors de l'élection présidentielle de 2006. Les arrestations motivées par des considérations politiques et les violences auxquelles se sont livrées les forces de sécurité ont été particulièrement nombreuses pendant l'élection présidentielle, fin 2006, et durant les combats qui ont suivi à Kinshasa, en mars 2007, entre les forces gouvernementales et les milices fidèles à Jean-Pierre Bemba. Des membres et sympathisants pacifiques de l'opposition, des journalistes et d'autres personnes ont été victimes d'arrestations arbitraires, de mauvais traitements et de tortures. Certains ont même été tués ou ont disparu. Amnesty International estime que la disparition forcée de Faustin Sosso est liée uniquement à ses relations professionnelles avec Jean-Pierre Bemba. Certains éléments donnent à penser qu'il a été victime d'une exécution extrajudiciaire ou qu'il est mort sous la torture en détention et que les responsables se sont débarrassés de son corps. Ses proches, cependant, continuent de croire qu'il est en vie et maintenu en prison secrète.
En espérant que vous entendrez à ma requête, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à ma haute considération.
Signature/Nom/Adresse
Adresses:
Monsieur Joseph Kabila Ambassade de la République
Président de la République démocratique du Congo
Présidence de la République 32, cours Albert Ier
Kinshasa Gombe 75008 Paris
République démocratique du Congo
Affranchissement: 0,85 €
Voilà. Pour celles et ceux qui auront envoyé ces lettres, ou simplement les auront lues et auront ainsi pris connaissance du cas de ces personnes martyrisées, merci !
Chaque mois j'ajouterai de nouvelles lettres.
Pour lutter contre l'indifférence, contre l'oubli.